La boîte à outils 1: moins de chaos, plus d’espace!

Mes vacances sont terminées et je me réjouis de reprendre mon travail quotidien, réglé comme du papier à musique. Mon service débute à 7h30, je pointe à l’heure et, tandis que je passe à côté de son bureau, je salue mon supérieur en train de tirer un café à la machine. Le parfum du café torréfié m’accompagne quelques pas, j’inspire et expire tranquillement en me disant «voilà une journée qui démarre bien»! Je sélectionne et enfile ma tenue de travail et effectue la désinfection hygiénique de mes mains. «Parfait! Jusqu’à présent, tout roule»: mes vêtements étaient disponibles dans la taille souhaitée, mes sabots avaient été lavés et le distributeur de désinfectant avait été rempli. Manifestement, quelqu’un a bien effectué son travail. En entrant dans la salle d’emballage, je salue mes collègues en mal de vacances, qui se traînent péniblement jusqu’à leur place de travail, et j’avance d’un pas énergique vers mon poste préféré. Rapidement, avant que quelqu’un d’autre ne me la chipe, je réserve ma place en ouvrant ma session dans le PC. Ouf, c’est fait. Il ne me reste plus qu’à préparer les quelques ustensiles de travail nécessaires pour la production: une serviette sèche comme support, l’huile d’entretien, un chiffon de polissage et quelques capuchons de protection dans différentes tailles. Avec une visualisation très nette de ce qu’il me faut, je tends la main vers l’armoire de réserve de consommables située sous ma table d’emballage, ouvre le premier tiroir, et m’arrête, pétrifié, en découvrant l’ordre qui y règne: «Mon Dieu, quel fouillis!», comment peut-on travailler dans ces conditions? Le tiroir regorge de tout, sauf de ce dont j’ai besoin pour la production. Je respire un grand coup, bien décidé à ne pas laisser ce fatras entamer mon humeur jusqu’alors détendue et motivée. J’ai vite fait de mettre de l’ordre dans l’armoire, puis je me munis d’un stylo et d’un papier pour noter ce qui manque. Je me rends ensuite à l’économat et y prends tout ce dont j’ai besoin pour compléter mon armoire. Voilà, c’est parfait!

Scanner en main, je suis maintenant prêt à conditionner mon premier plateau; je vise le code-barres et appuie sur le bouton. Biiiiip… mais pas de réaction à l’écran. Je réitère plusieurs fois la saisie, rien ne se passe. Le coup classique; mais ce n’est pas la première fois qu’un scanner ne fonctionne pas. Pas de problème, car je suis non seulement assistant technique en stérilisation, mais aussi le roi de la débrouille et je sais comment contourner cette étape. Je saisis donc manuellement le numéro de plateau et appuie sur Enter… et que me dit le système? ERROR! Argh, rien ne va plus. Mon responsable d’équipe analyse le problème et me dit tout de go de changer de poste de travail. Quoi? Il veut que je quitte mon poste favori, que je viens tout juste de nettoyer, ranger et préparer? Il plaisante, j’espère. Mais avant que j’aie la possibilité de lui suggérer d’autres solutions, il me montre du doigt la place d’emballage juste à côté, avec l’air de dire «et ne me casse pas les pieds!». Bon, comme je n’ai pas l’intention de me mettre à dos mon responsable d’équipe, j’obéis la mort dans l’âme et je déménage. OK, on reprend, respire tranquillement mon garçon. Lentement, les yeux fermés, je tends la main vers l’armoire sous ma nouvelle table d’emballage et je fais glisser le premier tiroir. J’ouvre les yeux d’un seul coup: «Ouf, ça va, ce n’est pas si grave». Je prépare donc tout ce dont j’ai besoin sur la table, j’enclenche le PC et effectue le test de fonctionnement, ça roule. Au moment de passer l’huile d’entretien sur les instruments, je remarque toutefois que le lubrifiant a une autre consistance que d’habitude. Je retourne le flacon et… «nom d’une pipe, la date limite d’utilisation est dépassée depuis longtemps!».

Là, c’en est trop. J’explique à mon chef tous les problèmes rencontrés le matin; lui aussi est d’avis qu’il va falloir y remédier et trouver une solution. Il semble toutefois un brin gêné de ne pas être au courant de tout ce capharnaüm. Cela étant, est-ce vraiment la tâche d’un supérieur que de contrôler des tiroirs? N’incomberait-il pas plutôt à chaque collègue de veiller à et de contrôler l’ordre et l’exhaustivité de la réserve de consommables? Précisément, voilà déjà le premier problème: la responsabilité. Le sens de la responsabilité varie d’une personne à l’autre. Alors comment faire pour que chacune d’entre elles doive, malgré tout, assumer sa responsabilité?

Deuxième problème, l’ordre. Là encore, le système de rangement varie d’un individu à l’autre. Certains s’accommodent parfaitement du chaos; d’ailleurs Einstein ne disait-il pas, en gros, «seul l’imbécile a besoin d’ordre, car le génie maîtrise le chaos»? D’accord, je suis donc un imbécile; mais, par pitié, que le génie garde son ordre pour lui. Alors comment faire pour que chacun puisse personnaliser son système de rangement? Nous avons moins d’armoires que de collaborateurs. Et nous ne pouvons pas non plus proposer des postes d’emballage personnalisés; cela irait bien au-delà de nos capacités en termes de place et de coûts.

Il nous faut donc une solution peu encombrante, flexible d’utilisation, modulable selon les besoins et offrant suffisamment de place de rangement («aussi peu que possible, autant que nécessaire», faute de quoi nous allons finir par faire des réserves comme les écureuils).

Et une image récurrente défile devant mes yeux: le coiffeur avec son «beauty-case», l’artisan avec sa mallette à outils. Eurêka, c’est ça: une boîte à outils pour les STER, ça devrait être faisable, non? Mon chef, enthousiasmé par cette idée, recherche sur Internet ce qui pourrait faire l’affaire. Pas facile de trouver un conteneur qui satisfasse aux exigences d’hygiène, qui ne soit ni trop lourd ni trop encombrant, et qui permette d’intégrer des éléments modulables. De plus, cette boîte ne devra pas être déposée sur la table d’emballage, mais placée à proximité, ce qui nous obligera à ne sortir que le strict nécessaire. A force de recherches, nous finissons par trouver l’objet de notre convoitise et nous nous lançons dans un prototype. Chaque collaborateur aura sa propre boîte à outils: un système fermé, ni trop lourd, ni trop grand, modulable, avec des pièces amovibles, désinfectable avec un chiffon et suffisamment robuste pour être utilisé tous les jours. Du coup, je peux désormais emporter avec moi tous mes ustensiles, indépendamment de mon poste d’emballage ou du site sur lequel je travaille, le tout soigneusement rangé dans ma boîte super pratique. Et voilà à quoi ressemble cette petite merveille:

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